producteur Ă  velaux

05/11/2015 - Nouvelle de campagne : Un matin avec Jean-Christophe

jean-christophe cueille les navets blancs
jean-christophe cueille les navets blancs

"chaque jeudi matin, je vais Ă  la rencontre d’un producteur sur son exploitation, pour un temps d’échanges et de partage sur tout et sur rien, sur les saisons, le boulot , la vie, hors du rythme quotidien des commandes et des livraisons. Et j’en rapporte des photos, et un petit bout de texte, et que j’ai plaisir Ă  partager avec vous, et qui enrichit chaque semaine, l’histoire que nous Ă©crivons ensemble, entre les champs et votre table"

Ici, on panse la vie

Au bout du chemin dans la vallĂ©e, Ă  travers bois et oliviers, aprĂšs le club hippique, c’est lĂ , on ne peut pas aller plus loin. Les collines ferment l’horizon bleu. Les chevaux tranquilles dans les prĂšs. Le fumier de cheval enrichit la terre des tunnels que cultive Jean-Christophe.

Jean-Christophe confectionne des petits bouquets de coriandre fraiche. Il pousse la brouette remplie de petits navets blancs Ă  mettre en bottes, pour complĂ©ter la commande du jour. Le cerfeuil pourra ĂȘtre bientĂŽt coupĂ© pour les futurs bouquets, et ensuite viendra le tour des orties. Il reste encore quelques belles aubergines tardives.
Les trois chiens noirs. « Celui lĂ  n’obĂ©it pas, il ne comprend pas quand on lui parle, car il a Ă©tĂ© maltraitĂ© par ses anciens maitres ».
Le vieux poney, et les deux vieux chevaux, anciens compagnons de jeu ou de dressage, sont trop fatiguĂ©s pour ĂȘtre montĂ©s Ă  prĂ©sent, et finissent leur vie paisiblement.
Le vĂ©tĂ©rinaire arrive pour tenter de comprendre pourquoi le cheval semble souffrir dans certains mouvements. Jean-Christophe demande au vĂ©tĂ©rinaire de rendre son diagnostique directement Ă  sa femme qui pratique le dressage de ses chevaux. « Tu comprends pourquoi notre couple dure depuis 25 ans », me confit Jean-Christophe en riant. Jean-Christophe comprend les chevaux, et partage la passion de sa femme, mais il ne peut plus monter Ă  cheval, il souffre trop Ă  prĂ©sent des sĂ©quelles de son accident de moto de ses vingt ans. Celle qui est devenue la mĂšre de ses enfants n’a pas fuit cet Ă©vĂ©nement. Elle a crĂ©Ă© un centre de soin, institut de beautĂ©. Aujourd’hui, leur fille fait des Ă©tudes d’infirmiĂšre et leur fils une Ă©cole agricole
 Dans ce petit havre Ă  l’écart du monde, avec une simple discrĂ©tion, chacun semble contribuer, Ă  sa maniĂšre, Ă  apporter du bien ĂȘtre et du soin aux ĂȘtre vivants.
Je me propose de rentrer apporter la commande, fraichement cueillie, à (logo de ma terre), pour ne pas risquer de mettre en retard la préparation des paniers du jour,
 et laisse Jean-Christophe attentif, au vétérinaire.
Sandrine avec Jean-Christophe, le 5 novembre 2015